17/02/2018 16:48 | Lien permanent | Commentaires (0)

La Joconde à l’envers

 

Si vous en êtes au café après grasse matinée, en ce début de dimanche, vous avez déjà manqué un moment d’exception: la séance de yoga au MEG, le Musée d’ethnographie de Genève. Ça se passait tout à l’heure, entre parents et enfant (séances de rattrapage possibles les 18 mars et 22 avril). J’imagine que l’objectif de cette union entre sport et art est d’ouvrir l’âme du visiteur aux émotions visuelles qu’il va vivre. On commence par lever une jambe en posture Uttita Hasta Padangusthana, puis on pose un pied devant l’autre pour s’en aller découvrir la culture indienne, d’où le yoga est issu. On fait le lien, on suit, on se recentre et tous en position du lotus en extase pour commencer!

Je suis débutante en yoga depuis de longues années et je dois admettre que cette idée de délocaliser la pratique m’amuse beaucoup. Sachez-le: tout est dans la connexion avec l’environnement! Dans le même esprit, mais de manière plus classique, j’ai bien essayé, parfois, quelques postures en plein air, en immersion dans la verdure ou sur un ponton face au soleil couchant, pour faire le plein d’énergies positives. Or il y a toujours un petit caillou pointu, un courant d’air ou une écharde pour rompre la concentration de la douillette que je suis. Du coup, l’arrivée au sein des musées de tous ces corps la tête en bas me semble une alternative tout à fait inspirante, qu’il s’agisse de se positionner parmi les sculptures géantes de Gao Xingjian (musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, à Bruxelles) ou dans les paysages chinois à l’encre noire (musée Guimet, à Paris). Dans une expo, il règne une température stable comme dans un studio de yoga et c’est plus rigolo de fixer son regard sur un détail artistique, plutôt que sur un nœud du parquet, quand on cherche à garder son équilibre. Je serais même partante pour des séances au Louvre, allez! Et tant pis si le rococo n’est pas très zen ou que la Joconde ne peut pas être soupçonnée d’entretenir sa forme en faisant des salutations au soleil. Je me verrais bien, moi, contempler son sourire à l’envers, tout en faisant la chandelle. Je suis certaine que ce serait plus apaisant que de lorgner l’horloge sur le mur (ne dites pas à ma prof que mes yeux s’égarent parfois dans cette direction, plutôt que de s’orienter vers l’intérieur, comme elle nous le suggère).

Bon, plus prosaïquement, près de mon lieu de travail, à Lausanne, aucun musée ne s’est encore lancé dans cette voie, à ma connaissance, et je ne vois pas où je pourrais filer durant la pause de midi. Dans les hauts de la ville, la fondation de Hermitage propose une exposition sur le pastel: ce serait pourtant doux, un bain de rose et de vert pâle pour chercher la paix intérieure… Il y a bien un concert  prévu, mais de yoga, point. Je parcours le programme culturel du moment: tiens, le Mudac, le musée de design, prévoit, dès le 13 mars, une exposition sur les armes à feu dans l’art. Oups! Ce n’est peut-être pas par là qu’il faut commencer.

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