13/02/2018 16:50 | Lien permanent | Commentaires (0)

À la queue leu leu

Peut-être eut-il mieux valu que la météo annonce davantage de nuages pour aujourd’hui. Cela aurait signifié moins de skieurs encapsulés dans leur voiture, à faire du surplace sur l’autoroute du Valais. Et moins de discussions sur le calvaire du retour en plaine durant la journée au grand air.
L’autre week-end - grand beau incontesté et prévu longuement à l’avance - j’ai tout entendu sur les stratégies. Il y a ceux qui quittent les pistes à midi (adieu soleil!), pour passer le plus beau de la journée au volant, lunettes protectrices sur le nez. Ceux qui prévoient une raclette non arrosée en soirée et rentrent tard, directement au lit. Ceux encore qui cherchent un hébergement pour la nuit, quitte à se lever aux aurores lundi matin, anorak de ski sur le dos en arrivant au bureau. J’en connais même - des réguliers au chalet difficile d’accès - qui laissent une des deux voitures familiales en Valais, sur le parking de la gare, et la rejoignent en train.
De mon expérience personnelle, aucune de ces tactiques n’est très satisfaisante. Et quand on se retrouve malgré tout dans les bouchons, c’est encore plus vexant pour qui s’est cru assez malin pour les éviter. Bref, l’homme et moi avons une fois pour toutes décidé d’ignorer le problème et montons en voiture au petit bonheur la chance. Ce qui, dimanche dernier, nous a menés pile à l’heure de pointe, au cœur des embouteillages. Bingo! La radio recommandait de compter une heure et demie de trajet supplémentaire, annonçait des routes secondaires encombrées et on pouvait lire la mauvaise humeur sur le profil du conducteur, dans le véhicule à même hauteur dans la file d’à côté.
Pour une fois, nous avons donc pris l’option de quitter l’autoroute et d’y aller au GPS. Je ne devrais pas l’écrire ici, de crainte de donner des idées, mais on s’est plutôt bien amusé… L’intelligence artificielle lovée dans le tableau de bord est une finaude. Elle nous a menés de chemin vicinal en accès d’usines et quartier de villas. Nous étions toute une colonne de véhicules ainsi, visiblement guidés par la même application, plaques vaudoises, neuchâteloises, genevoises, à nous faufiler comme un long serpent dans ces drôles de coins où aucun d’entre nous ne s’était aventuré auparavant. Ça n’avançait pas vite, mais ça avançait, ce qui est toujours moins frustrant que de contempler des feux arrière immobiles. Vous voulez visiter la Suisse autrement? Bienvenue dans le grand jeu de l’évite-bouchons! Au rang des monuments notables, je recommande tout particulièrement le pont à voie unique par-dessus le Rhône et, dans les hauts de Montreux, l’immeuble 1900 enguirlandé d’ampoules, comme si c’était Noël toute l’année. Mais peut-être que, ce soir, l’itinéraire le plus rapide passera par d’autres voies tertiaires. Laissez-vous surprendre et ouvrez grand les yeux. Est-ce cela que l’on appelle le tourisme alternatif?

Les commentaires sont fermés.