12/01/2018 11:04 | Lien permanent | Commentaires (0)

Pour une année qui sent bon

Alors, à l’heure de l’inventaire post-sapin, combien de bougies parfumées? Si vous en avez reçu/offert, je suis au regret de vous annoncer que vous n’êtes pas complétement seuls dans ce cas. Dans notre monde fébrile culpabilisé de ne pas atteindre le nirvana Hygge, la bougie qui sent bon apparaît comme une manière assez simple de passer de stress à paix – ou de s’en donner l’illusion. A nous donc les effluves d’ambre et santal nuancés de vanille, de thé vert avec un coeur de jasmin, de fruits rouge avec une note de menthe… Ou préférez vous les ambiances gourmandes genre citron meringué? Ou carrément kouglof à la cannelle? Juste un ordre de grandeur, pour le vertige: en 2016 (les données 2017 n’ont pas encore été publiées), 1'676'540 tonnes de cire ont été fondues sur terre pour en faire des bougies (aromatisées ou pas), soit une valeur de 7,5 milliards de dollars, à en croire le rapport du Global Candle Market. Et ce  n’est pas fini: les analystes financiers évaluent le potentiel de croissance de la version senteur à 5,88% par an jusqu’en 2025, une ascension fulgurante soutenue par notre quête de zénitude rapide sous emballage cellophane. Cette aspiration au bien-être par contamination olfactive a commencé aux Etats-Unis et se répand aujourd’hui dans les marchés émergents. Je n’y crois pas: même en Asie, terre bouddhiste qui devrait se montrer au-delà de ces frivolités, les classes moyennes veulent se détendre avec des odeurs dans leur déco… A noter que le mouvement est aussi influencé par la multiplication de spas en tous genres, qui font de la bougie un usage hautement immodéré – et facile à copier: qui n’a jamais disposé de lumignon sur le rebord de sa baignoire gratte vite sa première allumette. Fermez les yeux, ouvrez les narines: un univers de sensualité et de douceur s’ouvre à vous.

D’un pur point de vue fonctionnel, la bougie parfumée représente le cadeau parfait. Intime, mais pas trop, possiblement luxueuse, mais pas forcément, elle offre aussi l’insigne avantage de pouvoir être glissée au fond d’un tiroir et refilée à un autre récipiendaire. Une étude (encore une!) postule que 25% des cadeaux reçus durant les fêtes sont réofferts aussi sec… Chiche que la bougie caracole en tête de liste?

J’ai beau badiner sur les nouvelles tocades et l’effet moutonnier de nous tous en position de lotus devant la flamme qui vacille, je me dois d’avouer ma complicité active à l’épidémie. Durant les divers Noëls à répétition, j’ai personnellement déballé quatre bougies parfumées et j’en ai enrobé trois de papier doré – pas les mêmes, je tiens à le préciser. Et vous savez quoi? J’ai acheté chacune avec amour et je suis ravie de toutes celles que j’ai reçues. C’est mièvre, je le sais, mais aucune senteur délicate, aucune lumière ténue ne me paraît en trop pour dissiper les ténèbres d’une année qui commence.

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