07/12/2017 17:17 | Lien permanent | Commentaires (0)

Encore des pois chiches?

Dix. Dans le supermarché de mon quartier, il y a exactement dix variétés d’houmous dans l’armoire réfrigérée près du rayon des légumes. J’ai compté. J’ai eu le temps, remarquez, vu que j’étais plantée devant, le panier de courses au creux du bras, la main de l’autre bras tendue au-dessus du vide, hésitante, flottant d’un gobelet à un autre. Pétrifiée dans ce vide intérieur qu’est l’indécision…

Honnêtement, je n’aime pas plus que cela les pois chiches. La texture pâteuse m’encombre un peu les papilles, ce qui explique mon manque d’expertise dans le domaine. Mais dans ce monde délicieusement ouvert qui nous incite à explorer les saveurs de partout, je me suis dit que la purée protéinée, servie avec trois crackers, ferait une alternative joyeusement exotique aux flûtes beurrées de l’apéro. Mes relations intimes avec le blender familial étant ce qu’elles sont (je l’aime propre et rangé au fond d’une armoire), me voilà donc en pleine étude de marché. Convient-il prendre le houmous en version masbaha ou Tahini? Za’atar ou Karma? Kasher ou bio? Citron ou persil? Courgette ou noix? Hommage soit rendu à mon valeureux téléphone, qui m’a expliqué que le Zaatar était un mélange d’épices levantin avec une dominante de thym, alors que le Tahini se référait à une préparation au sésame. Ensuite, ma pile m’a lâchée, alors je n’ai pas pu éclaircir le lien qui unit le chapelet musulman (masbaha) et la pâte aux pois chiche. Bref, vingt minutes plus tard, je faisais la queue à la caisse avec un panier rempli de toutes les nuances de jaune beige. Quand j’ai un doute, je prends tout…

Ai-je besoin d’ajouter que malgré des agapes scrupuleusement analytiques, mes découvertes se sont, en grande partie et à leur tour, rigidifiées au fond du réfrigérateur? Non: vous vous en seriez douté…

Moi qui me sens déjà débordée par les affres du choix en Suisse, j’évite scrupuleusement les supermarchés français. L’été dernier, dans un village de la côte corse, je me suis retrouvée devant un rayon grand comme un terrain de pétanque, débordant de chips de toutes sortes et de toutes marques. Heureusement que ma voiture de location n’était pas un pick-up…

Je ne suis ni médecin, ni nutritionniste, ni même psychologue, mais – sur l’expérience totalement scientifique de ma maisonnée – quantitativement, la consommation de nourriture est en relation directe avec l’étendue de la palette des saveurs. Faites le test avec le chocolat: une plaque sur la table? Elle disparaît. Deux plaques différentes en «dégustation comparée» (ah, le joli prétexte!) – pfouit! Evaporées à la même vitesse. Il doit y avoir un effet linéaire entre la longueur des rayons de supermarché et la longueur de la ceinture nécessaire à faire tenir le jeans.

J’ai décalé ma boucle d’un trou, pour laisser de la place à cette orgie de pois chiche, ail pilé et huile d’olive et je n’ai qu’un conseil: allez-y pour le citron-persil.

 

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