28/02/2017 16:18 | Lien permanent | Commentaires (0)

Rock me baby

Au hit-parade de la mignonneté, il n’y a pas que des chats. Il y a aussi des bébés. Alors que les petits félins, doux comme des peluches, ratent leurs sauts, font des grimaces et se disputent des écuelles de lait sur les réseaux sociaux, les bébés humains, eux, dansent devant la caméra. Je n’ai évidemment pas accès aux divers algorithmes qui permettent de comparer le degré d’émotion éprouvé par l’internaute contemporain devant de telles visions (en fonction de l’âge, du sexe ou de l’habitat ville/campagne?), mais mon curseur personnel tend à placer le nourrisson juste après le chaton. Evidemment! Le petit de l’homme peut être chauve, baveux, crispé, gluant, alors que le minou est immuablement charmant et velu. Reste un cas de figure où le bébé talonne de près son rival: c’est quand il est accompagné de cet accessoire follement tendance, un jeune père en bermudas.

Si, comme moi, il vous arrive de flâner au pays des likes, vous vous serez arrêté un instant sur ces vidéos. Il y a cet homme un peu mal rasé (effet peluche, là aussi?), qui fait faires des claquettes et des bonds au bambin harnaché sur son ventre, en manipulant ses petits petons en rythme sur une table. Effet Fred Astair en marionnette, le papa s’amuse, le danseur pour de faux ouvre des mirettes extatiques en se demandant ce qui peut bien se passer au niveau de ses membres inférieurs… et le public fond d’attendrissement. Pareil avec ces cours collectifs de danse avec bébé, où les jeunes pères apprennent une chorégraphie comme dans les comédies musicales, avec de grands mouvements d’ensemble et des petiots collés au corps. Il s’agit de renforcer le lien père-fils, comme disent les psys, dans une quête de rythme à deux au sein de la foule. Ah, ce mélange de rugosité et de joues de bébé, de muscles et de vulnérabilité, d’expérience et de confiance! Chou, trognon, craquant… On peine à moduler ses vocalises suaves devant tant de douceur sirupeuse.

Il y a à peine trente ans que les pères ont découvert qu’un enfant réclamait parfois qu’on lui change les langes et nécessitait d’occasionnels levers nocturnes. Ils ont appris depuis. Souvent ils ont même participé aux séances de préparation à l’accouchement. Quelques générations de nouveaux pères plus tard, les voilà donc en train de danser entre garçons - pendant que maman s’initie au bricolage avec ses copines? Outre la connivence créée dans les familles par tous ces nouveaux rôles, je teinte mes sarcasmes de tendresse face à ces duos bondissants. J’espère surtout que le bout de chou dans son porte-bébé est un garçon. Peut-être va-t-on enfin voir arriver une génération de futurs hommes qui aiment danser autre chose que le pogo et qui sauront bouger avec grâce et imagination quand la musique poussera aux circonvolutions en couple. Un jour, plus tard…

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