11/02/2017 10:20 | Lien permanent | Commentaires (0)

Dans de beaux draps

Et vous, vous dormez comment ? Plusieurs hypothèses récentes suggèrent que la formule de politesse «Comment allez-vous ? » remonterait au Moyen-âge et serait en fait une manière de s’informer des modalités d’évacuation de son interlocuteur (sous-entendu : comment allez-vous à selle), à une époque où l’observation du fruit de son transit intestinal était le principal indicateur de santé. Aujourd’hui, changement de priorité! On se fiche un peu des cinquante nuances de brun, mais on se passionne en revanche pour tous les soubresauts intimes de la nuit. Je me demande si la question «Bien dormi?» ne se profile pas comme le nouveau succès du lien relationnel. Il y a comme une frénésie du bien dormir… Ce qui montre bien à quel point c’est mal parti!

Moi qui ai toujours sombré avec la sérénité imperturbable d’une bûche, yeux clos avant même que la tête ne touche l’oreiller, me voilà soudain emportée par le flux général. Est-ce l’effet de cet hiver morose ? Entre trumperies et fillonissades, suppressions d’emplois, migrants exposés au froid et de nouveau déjà la neige, sur les premiers boutons de primevères… Et zut: me voilà à m’assoupir comme une vieille devant les séries télévisées, puis, mirettes toutes rondes dans le noir, à faire des listes dans ma tête sur le coup des quatre heures du matin.  Je suis donc bien partie pour m’intéresser aux vertus comparées des diverses marques de sommiers, à  la surveillance des cycles circadiens («T’as quoi, comme montre connectée ?») ou aux trucs de grand-mères à base de lait et de miel. Le sommeil est une affaire hautement scientifique et mes amis sont tous experts…

Mais finalement, le week-end dernier, l’ultime étude sur le sujet m’a ouvert les yeux (pas au milieu de la nuit, heureusement). Des chercheurs de l’Université du Colorado prouvent  – moults cobayes humains à l’appui –  que la meilleure thérapie pour réapprendre à dormir est… le camping. Perdu dans la pampa et déconnecté de son téléphone mobile, l’insomniaque contemporain peut renouer avec son horloge interne grâce à l’exposition maximale à la lumière naturelle. C’est simple? Tu parles! Rien qu’à imaginer les fourmis dans le sac de couchage et les raviolis mangés à même la conserve, j’en ai des cauchemars qui viennent se superposer aux veilles nocturnes. Vous ai-je avoué une totale allergie au camping… ?

C’est drôle, depuis que j’ai lu cet article, je dors à nouveau comme une innocente, lovée en boule sous le duvet, tout juste si je ne suce pas mon pouce de félicité. Ah mes draps chéris…. J’ignorais que la menace d’une tente puisse avoir un effet somnifère.

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