18/01/2017 09:56 | Lien permanent | Commentaires (0)

Petits cadeaux du quotidien

Ce n'est rien: une peccadille, un agacement, une épine dans le pied. Personne n'est mort, ni même malade, on ne va pas en faire un plat, on se contente de respirer profondément, avec le ventre. Alors voilà l'affaire: j'ai trouvé le moyen d'oublier ma valise d'une nuit dans le train de Zurich. Vous voyez comment ça se passe: un wagon bondé de fin de journée, on case la valise entre deux rangées de sièges, on la perd de vue et de tête à force de pianoter sur son ordinateur et, arrivé sur le quai de gare, on se retourne soudain vers le train qui s'ébranle, yeux tout ronds et bouche à l'identique: noooooon! La valise est déjà en train de filer vers Kloten.

Je vous passe le formulaire électronique qui ne comprend rien et le numéro d'urgence à 2,3 Fr la minute, alors que l'employé vous fait tout épeler trois fois. Pas grave, on continue à respirer avec le ventre. La tête en l'air se retrouve ensuite mains vides à Zürich, 17 minutes avant la fermeture des magasins et 47 minutes avant son rendez-vous à dîner. Rafle chez Globus, juste en face de la gare. Et là soudain, c'est comme un ciel d'éclaircie. Incroyable ce que les vendeuses déploient comme ressources, alors que, devant la caisse, je réfléchis à voix haute aux indispensables de la nuit d'une femme. J'achète une crème hydratante? La dame me glisse des échantillons de fond de teint «ça va vous dépanner! Je vous donne une goutte de parfum, aussi?". Au rayon lingerie, on me propose des collants en soldes; à celui des brosses à cheveux, je ressors avec de mini sachets de shampooing. Merci, grand merci mesdames - votre sollicitude réchauffe! La solidarité féminine en cas de panne d'efficacité d'une membre de la tribu m'a surprise et touchée…

Du coup, en sortant du magasin avec mon nécessaire reconstitué, je suis tombée sur une étudiante ukrainienne. Elle vendait d'horribles bricoles bariolées pour financer ses études et parlait un français châtié à l'accent chantant. Pouvais-je lui refuser une main secourable alors que je venais de bénéficier de jolis gestes spontanés? J'ai acheté deux stylos en bois et des œufs peints en porte-clés. Elle m'a dit «Vous avez bon cœur, Madame» - Hum, si elle savait… Mais je me suis dit que c’était bien que les cadeaux ne poussent pas seulement aux pieds des sapins.

Doux Noël à vous!

 

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