26/11/2016 15:40 | Lien permanent | Commentaires (0)

Toujours ouvrir la fenêtre

C’était un jeune homme dans la rue, un de ces trentenaires pressés qui allongeait le pas pour attraper son train, tout en parlant avec une collègue. J’ai juste attrapé quelques mots de leur conversation, au passage. Il était question d’enfants et d’états d’âme. «Tu crois qu’il faut déjà un calendrier de l’Avent?» s’inquiétait le jeune papa. Son souci m’a fait sourire. J’ai tout de suite visualisé le bambin dans sa barboteuse ornée de pères Noël, lolette rouge et verte au bec, à baigner dans son premier Noël de carte postale. Il ne comprend encore rien à ce qui se passe, mais les bougies seront merveilleuses le grand soir venu et le papier des cadeaux fera un bruit épatant en se déchirant. En attendant, les maman et papa tout frais s’apprêtent à ouvrir une petite fenêtre par jour en expliquant que le sapin, c’est dans 24 dodos…

Une partie de moi a eu envie de le prévenir: gare à vous, jeune homme! Le jour où vous vous embarquez dans la belle aventure des calendriers de l’Avent, vous en prenez pour quarante ans… Je pourrais lui parler de cette amie qui confectionne toujours -  de ses habiles mains s’il vous plaît - des assemblages à base de petites boîtes numérotées, bien que ses filles soient, depuis quelques années déjà, de solides adolescentes. Initialement, les surprises étaient des fraises tagada, aujourd’hui elles sont affaires de rouge-à-lèvres et froufrous de dentelles. C’est tout de suite plus cher, mais comment déroger au rituel? Une autre de mes amies, moins bricoleuse, court les boutiques pour trouver le calendrier le plus spectaculaire, différent, forcément différent, de celui des années précédentes… Or il y a déjà eu 23 éditions, l’originalité est toujours plus difficile à traquer. L’an dernier, il a été miraculeux de dénicher (petit Jésus sait où) un modèle illustré d’un tigre de Noël à paillettes, avec un ruban rouge en guise de collier… Mais mon amie est inquiète : saura-t-elle toujours faire mieux ? Et aura-t-elle le droit à repartir à zéro, avec des angelots et des sapins standards, quand les futurs petits-enfants seront là - ou faudra-t-il poursuivre la quête à l’extraordinaire? Quant à moi, je feinte en misant depuis des années sur la bougie qu’il faut brûler d’un centimètre par jour – c’est facile à trouver et cela illumine les petits déjeuners dans les matins encore noirs de cette saison, même s’il n’y a plus que des adultes autour de la table. Quelle que soit l’option, quand on commence, impossible d’arrêter: l’équation veut que Noël n’est pas vraiment Noël sans calendrier et  – corollaire – un parent n’est pas vraiment parent s’il n’a pas compris cela. Qui a dit que le grand flandrin au menton duveteux a perdu son âme d’enfant?

Alors, jeune papa, choisissez bien votre voie calendriesque. Vous allez vite pouvoir arrêter de vous déguiser en Père Noël, mais les 24 petites lucarnes, elles, sont là pour durer. A vous, rennes et clochettes…

 

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