19/11/2016 09:53 | Lien permanent | Commentaires (0)

Avancer masqué

Mon fils a eu peur… Rentré à l’improviste, il m’a trouvée allongée sur le canapé, le visage couvert de bandelettes suintantes. Dans un premier temps, il a craint une brûlure faciale nécessitant des soins urgents; dans un deuxième temps il m’a demandé si je testais un déguisement de momie pour une soirée à thème. Ni l’un, ni l’autre allons! On se calme et on laisse sa mère travailler en paix…

Par un effet collatéral tout à fait agréable de mon activité journalistique, j’ai le plaisir de faire partie, depuis quelques années, du Prix Annabelle, qui décerne chaque hiver des distinctions aux meilleurs produits cosmétiques du moment. J’essaie donc des dizaines de potions magiques dans la catégorie anti-âge (certainement un effet du tirage au sort, n’est-ce pas?), trempant des doigts gourmands dans de charmants pots qui promettent des merveilles… et parfois les tiennent. Or cette année, grand chamboulement: en parallèle aux soins de nuit, de jour, de dessus, de dessous, on voit arriver des masques en foule, comme si c’était carnaval du lundi au dimanche. Outre les substances hautement actives que ces soins contiennent certainement, voilà qui change le rythme. Moi qui d’habitude vis avec une hélice vissée dans le dos, je me retrouve de longues minutes en position horizontale, à méditer avec vue sur le plafond. J’ai expérimenté tellement de ces masques que, si mes calculs sont justes, je devrais être rajeunie au point d’être revenue à l’adolescence.

Je profite de ma science toute neuve pour partager avec vous mes découvertes. La première, c’est que les instants de sieste obligatoires ont un effet réjouissant, sur les rides peut-être, mais en tout cas sur le moral. La seconde, c’est que l’industrie cosmétique apprend à s’amuser. Certes, chaque produit reste accompagné de son vade-mecum scientifique, mais les matières sont devenues hautement expérimentales, comme issues du laboratoire d’un magicien allumé. Outre les désormais classiques masques en textile prédécoupé et imbibés de lotion (ceux que l’on se pose sur les joues comme une sorte de méduse rafraîchissante), il y a aussi la mousse noire dont on s’enduit le museau pour faire retour-des-morts-vivants; ou le gel qui vire doré, formant une seconde peau scintillante digne de Cléopâtre dans un péplum. Mon favori reste un dérivé de la pâte à modeler maison: on mélange le contenu de deux sachets dans un gobelet, avant de s’enduire le visage de la mixture épaisse ainsi obtenue. Après une demi-heure, la matière durcie se détache comme un moulage de sculpteur. Qui veut son portrait sur la cheminée?

Il est toujours difficile d’évaluer précisément l’efficacité d’un produit cosmétique. Ce qui est sûr, c’est que cette nouvelle approche ludique du masque vous colle le sourire. Qu’y a-t-il de plus efficace, pour retarder vieillissement, que la bonne humeur?

 

 

Les commentaires sont fermés.