10/09/2016 11:51 | Lien permanent | Commentaires (0)

Hoola hoola me

Ma fille y arrive spontanément: elle fait tourner son cerceau à la taille, aux hanches, aux genoux… Même au cou quand elle est en forme. Il paraît que c'est là un héritage de cour d'école. Pour moi, le mouvement est laborieux. C'est sûrement parce que je jouais, moi, à l'élastique pendant la récré… La première fois donc que, tout récemment, je me suis essayée au hoola hoop, je me suis sentie comme un asticot se tortillant de désespoir dans un bocal: tant de circonvolutions pour si peu de résultat… Toujours est-il que j'ai persévéré (un peu) et que je suis fière aujourd'hui de vous annoncer que mon ventre maîtrise au moins quinze tours de suite. Je parviens aussi (parfois) à changer de sens dans une relative fluidité et à esquisser deux pas en avant, trois en arrière. Bon, après (très vite après) le cerceau s'effondre sur mes chevilles sans retour rotatif possible, mais je suis en progrès. Je m'exerce.
Je vous entends jusque derrière mon clavier: c'est quoi encore cette lubie qui nous tombe dessus? Je vais vous le dire: une excellente nouvelle. Dans la grande créativité des disciplines ludico-sportives qui tentent de faire bouger nos anatomies, le hoola hoop (dont les premiers cours romands sont en train de se mettre en place sous les noms de hoopdance ou hooping) occupe une place à part: celle du sourire. Car il faut savoir que chaque activité engendre sa mimique spécifique. L'antigravity (cette gymnastique pratiquée en suspension sur des sortes de hamac) incite à une sorte de méditation aérienne, genre je-suis-sérieusement-au-dessus-de-la-situation. Le stand up paddle donne l’air inspiré d’un Christ marchant sur l’eau. La slackline, ce funambulisme sur élastique, creuse carrément la ride lion, tant il faut se concentrer pour ne pas tomber. Le pole dancing entraîne le regard de braise sur bouche pulpeuse. Quant aux pratiques plus classiques, comme le vélo ou la course à pied, elles provoquent la grimace anxieuse de qui se demande s’il va succomber à sa souffrance tout de suite ou dans cinq minutes. Rien de tel avec le hoola hoop. Jambes un peu écartées, abdominaux tenus, on se déhanche en souplesse et - magie! - la roue tourne. Je défie quiconque d'y parvenir sans que ses commissures ne s’écartent en un sourire lumineux, celui qui jaillit du plus profond du ventre, celui de la pure joie de l'enfance. Maman, regarde-moi! Et si, comme la prof de mon petit groupe, vous ajoutez par-là dessus un petit air de jazz fifties, alors shoo be doo wha…
J'ai acheté mon propre cerceau aux couleurs du bonheur (attention: les modèles pour enfants des grands magasins sont trop légers. Demander conseils à des pros!). Longtemps j'ai essayé de commencer la journée par quelques postures de yoga. Mais là, je me demande s'il ne vaut pas mieux pousser les fauteuils du salon et accueillir le nouveau jour par cinq minutes de retour à la candeur de ses 10 ans.

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