01/05/2015 17:56 | Lien permanent | Commentaires (0)

Entre primates

 

C’est reparti! Après un an de pause sans muscle bandé, ni cheveux gras en plein écran, ni crise de larme avec zoom sur les pattes d’oie, voilà que l’émission de téléréalité Koh Lanta embraye pour une nouvelle saison. Et ainsi meurent les vendredis soirs, avec une télévision à plein tubes et une bande de jeunes vautrés sur les canapés, accrochés sur les dossiers des fauteuils, voire suspendus au lustre. Une bande de babouins vociférant, avec des «Allez, go, Jeff! Yessss!» destinés aux bonhommes presque nus qui s’agitent en haute définition. Etrange face-à-face: à ma droite, le troupeau de singes domestiques; à ma gauche, le troupeau de singes dans leur jungle de pacotille (en Malaisie cette année) sur TF1. Qui crie le plus fort?

J’entretiens, moi, un rapport complétement ambivalent avec Koh Lanta. Je dis que je déteste – ce qui fait ricaner ma descendance, qui me demande pourquoi, dans ce cas, je suis sans cesse stationnée devant l’écran. En fait, il s’agit qu’une attraction-répulsion totalement addictive et j’en suis à me demander si ce n’est pas justement là que réside le secret de cette audience de près de 6 millions de curieux pour le premier épisode.

D’ordinaire, le vendredi soir se déroule ainsi: je commence par râler sur le ton de «Non mais, vous n’allez pas de nouveau regarder cette niaiserie?!» Puis, par un quelconque miracle de la téléportation, je me retrouve une demi-fesse posée sur un accoudoir (je ne fais que passer). Avec un truc à la main, pour faire alibi, comme par exemple un torchon et une casserole frais lavée (comme je disais: je ne fais que passer). Et me voilà en train de pester contre les travers de l’émission (à haute voix, naturellement, entre primates bagarreurs…). Et pourquoi donc les concurrentes-filles se livrent-elles aux épreuves les plus éprouvantes en mini bikinis, ventre à l’air, alors que les mecs sont couverts d’un bermuda jusqu’aux rotules? Est-ce que cela fait partie du contrat avec la société de production? Un autre aspect qui m’horripile est cette manie des participants de commenter le moindre de leur geste. Par exemple, Marie Anne, une bouteille à la main, va chercher de l’eau. Alors, elle regarde la caméra et dit : «Là, j’ai une bouteille et je vais chercher de l’eau. » Comme des sous-titres oraux pour lents d’esprit… Belle idée du téléspectateur! Mais surtout, quel cinéma de psychologie à deux balles ces gens peuvent se faire: et je saigne; et tu m’embrasses; et on se fait la gueule… Ils aurait dû faire acteurs de cinéma muet, tellement ils sont mélodramatiques. Au secours!

A ce stade, mes enfants en ont marre. D’autant qu’il sont déjà entendue la litanie la saison dernière. Alors ils me rappellent que je n’aime pas Koh Lanta et que la bibliothèque est remplie d’excellents livres, mmmh ?

Bon OK, mais si Christophe court le moindre risque de se faire éliminer, vous me prévenez illico !

 

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