20/12/2014 19:28 | Lien permanent | Commentaires (1)

Dinde un jour, dinde toujours

Alors, cette dinde? Farcie, enmarronée, dorée, sous contrôle? Guirlandes en place et «jingle bells» à tue-tête dans les haut-parleurs? On y est bientôt pour de vrai, alors que la presse et les grands magasins sont enrubannés depuis des mois et que les fêtes natales successives se battent pour trouver un créneau dans l'agenda depuis mi-novembre. À l'heure, où vous me lisez, soit J-3, j'en suis déjà à ma quatrième célébration et les plus petits de mon entourage commencent à sérieusement connaître leur chanson. Entre le Noël du bureau, celui des cadeaux entre copines, le grand barbu rouge de passage à la garderie, sans compter les diverses constellations familiales, je deviens experte en comparaison de petits biscuits à la cannelle.

Et bien, vous savez quoi? Même pas marre! Journaliste depuis un nombre d'années que je me refuse à citer en public, j'ai lu et même parfois personnellement rédigé une multitude d'articles genre «Comment survivre à Noël», «Où s’enfuir durant les fêtes», «Guide des cadeaux qui ne fâchent pas», «Désamorcer les conflits de famille sous le sapin» ou «Résister à la folie commerciale de fin d’année». J'aurais sans doute dû me retrouver contaminée par la mauvaise humeur ambiante et par cette attitude très intello-snob qui consiste à juger tous les falbalas qui scintillent comme kitsch et surfaits. Or non. Chaque année quand la ville s'allume, j'éprouve le même sentiment de réconfort que depuis toujours et je file dépoussiérer mes boules argentées à accrocher aux branches. Et s'il y a cinq Noël de suite? Et bien tant mieux!

Je n’éprouve que deux réticences face à la magie de la Douce Nuit. D’une part, je ne comprends pas cette manie, qui, depuis quelques saisons, laisse les Pères-Noël en toc grimper sur les façades: pourquoi, nom d’une étoile à paillette, donner au brave homme des allures de cambrioleur au rabais? D’autre part j'éprouve une petite bouffée d'angoisse devant les gros paquets sous le sapin, espérant très fort qu’ils ne seront pas étiquetés à mon nom. Car des potiches et coupes à fruits, j'en ai, au fil des années susmentionnées et des fêtes démultipliées, accumulé suffisamment pour ouvrir une brocante. Du coup, j’ai développé un goût pour les cadeaux immatériels, de ceux qui invitent à des expériences à vivre ou des délices à déguster.

Allez, un petit exercice pour s'entraîner à aimer Noël: vous fermez les yeux et vous imaginez que vous n'êtes pas épuisé, que la neige couvre la grisaille de sa dentelle délicate, que les boules sont en verre soufflé, que les enfants sont ravis de leurs cadeaux (qui ne font pas tous bip) et que vous venez de recevoir un bon pour un massage aux herbes des alpes, avec apposition de cristaux de roche... Ou plutôt un enveloppement au nénuphar et thé vert ? Non, ne rouvrez surtout pas les yeux. Voilà exactement le Noël que je vous souhaite.

 

 

 

Commentaires

Chère Madame,
Seriez-vous d'accord de céder votre surplus de potiches et coupes à fruits pour en faire profiter d'autres, moins comblés en cette période de Noël ? Si cette proposition vous intéresse, vous pouvez me contacter.

Joyeux Noël

Écrit par : Christmas | 21/12/2014

Les commentaires sont fermés.