06/12/2014 10:13 | Lien permanent | Commentaires (0)

Langoustines en bonbons

 

C’est clair, je vote pour les bonbons de langoustines croustillants. Un rien de lime, à peine du citron et un léger enveloppement dans une pâte asiatique. Deux minutes sur chaque côté dans une sauteuse et zou, une entrée totalement salivatoire et vite envoyée. Et griffée Benoît Violier, excusez du peu: voilà qui en impose dans l’assiette.

J’ai une mauvaise nouvelle pour tous les adolescents de mon entourage: le grand chef de Crissier, celui qui a 19 points au GaultMillau et plein d’étoiles partout, y compris dans les yeux, a commis un livre de recettes épatant, destiné aux jeunes débutants en cuisine. L’ouvrage s’appelle «Facile, rapide, délicieux» (Editions Favre) et il ne survend en aucun cas son offre. Tout est écrit en tutoiement, les menus sont organisés par saison et les pages bouillonnent de petits conseils malins. Mais surtout: chaque plat est à tomber. A y regarder à deux fois, j’aime aussi beaucoup les asperges au gingembre et sésame, mais pour ça il va falloir attendre le printemps.

Pourquoi toutes ces délectations seraient une mauvaise nouvelle? Je vais vous raconter: cette année, pour la première fois, j’ai reçu en cadeau d’anniversaire un festin réalisé par les jeunes de ma vie. Entrée, plat principal, dessert, petites assiettes dans grandes, le rêve. Et en plus, chaque cuisson était parfaite, chaque association de saveurs créative et réussie. Alors voilà: outre le plaisir immédiat, le moment a aussi été celui d’une prise de conscience jubilatoire: je ne suis plus la seule pourvoyeuse possible de bonheurs  gustatifs dans cette maison. Le repas était tellement bon que la situation pourrait se retourner contre les marmitons nouveaux. Je vois soudain s’ouvrir tout un vaste paysage de menus festifs possibles, autant de cadeaux à inscrire sur ma liste personnelle destinée à mes pères-enfants-Noël familiaux. Allez, je suis prête à renoncer à tous mes paquets à rubans, pour les années à venir, au profit de tablées assurées par ma descendance. Yesss! Reste à convaincre les moins de vingt ans à passer en cuisine autant de temps que j’ai envie de consacrer à manger leurs créations.

Alors, un petit conseil à l’attention de la génération montante: ne vous laissez jamais offrir le livre de Benoît Violier en cadeau. Tout au plus, acceptez de le recevoir mais que les choses soient bien claires: le cadeau, dans le cas précis, est pour le parent. Et méfiez-vous: si vous êtes trop sages, les adultes vont vouloir vous inscrire à un cours privé à l’Hôtel de Ville de Crissier – si, si, ça menace!

 

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