23/09/2014 19:49 | Lien permanent | Commentaires (0)

Des pattes à tous les étages

L'inconvénient de la fin de l'été (outre que c'est la fin de l'été...) réside dans plusieurs changements irritants. Il n'y a plus de pruneaux autres que mous, les hortensias virent à une nuance gris cimetière et il fait nuit à 8 heures – il faut courir vite en jogging, pour ne pas se faire rattraper par les ténèbres. Mais surtout, il y a encombrement à la maison, avec une foules de nouveaux locataires: revoilà les araignées, tapies dans l'humidité d'une serviette de bain, planquées sous l'évier. Je sais, je sais: rien de grave dans cette invasion, même les poilues piquent rarement sous nos latitudes, ce sera toujours autant de moustiques boulottés et tout ce genre de choses.

 

Il paraît qu'il faut compter 1500 araignées dans une maison saine. La mienne doit donc l'être tout particulièrement. J'aimerais pouvoir rouler les mécaniques et décréter que je m'en fiche, que ces bestioles-là, pas de souci, j'en fais mon affaire! La réalité est hélas différente. Le meilleur niveau de performance que je parviens à assurer consiste à emprisonner l'intruse sous un bocal renversé et attendre qu'un des mâle de la maison rentre. Et quand la bestiole étale ses huit pattes en étoile sur un mur, sale histoire, je suis bonne à aller vaquer dans une autre pièce. S'il est des domaines où j'ai appris à empiéter sur les territoires masculins (déboucher les bouteilles de vins, remuer la fondue, prendre la parole en réunion), il en restent quelques-uns lamentablement hors-portée: changer les pneus de la voiture, remplacer les fusibles... et éradiquer les araignées. Le pire, c'est qu'il ne s'agit même pas franchement de peur ou d'incompétence: juste une sorte de blocage atavique, de réflexe de nana-itude, le même qui me ferait grimper en couinant sur un tabouret si une souris venait à traverser la cuisine.

 

Cela dit, je viens de tomber sur une étude qui n'incite pas à se soigner. Une professeur Lowe de l'université de Sidney a analysé les conditions physiques de 220 nephila plumipes (de gros machins cuivrés qui tissent des toiles) en fonction de leur habitat. Sa conclusion est sans appel: plus les araignées vivent dans le béton stérile, plus elles grossissent et plus leurs organes reproducteurs gagnent en vigueur. En fait, il semble que le milieu urbain - son chauffage, son confort, ses bougies parfumées - convienne tout particulièrement à ces chochottes d'araignées, qui trouvent tout de même un peu rude la vie rurale.

 

Alors moi je dis: citadines dans l'âme, mes sœurs, on a bien raison d'écouter nos impulsions viscérales. Ce sont des monstres mutants que nous sommes en train d'élever à la maison. Où est la bonbonne d'insecticide?

 

 

 

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