28/06/2014 09:26 | Lien permanent | Commentaires (1)

Bottes en lézard

 

Alors, un petit sac à main en croco, mmh? Ou un cendrier en ivoire pour déposer sa e-clope? Des bottes en lézard? Ah non, mieux: un de ces alcools forts à la chinoise, où goge une tête de cobra, censée garantir vigueur et longue vie au courageux qui avale la mixture. Il semble que les vacances donnent de plus en plus d'idées aux voyageurs, qui ramènent des souvenirs invraisemblables de leurs explorations autour du monde: plus de 1023 saisies de vestiges d'animaux ou plantes protégés en 2013 aux douanes suisses, soit une augmentation de 10% par rapport à l'année d'avant. A croire que l'on s'amuse à réinventer chez soi ces cabinets de curiosités un peu morbides qui intriguaient les savants de la Renaissance: "Regardez ma fiole de sang de dragon! beurk…". Au point que les douaniers se sont attaché, pour une période de test jusqu'à la fin de l'année, les services de trois truffes de compétition: les bergers allemands et belge Gonzo, Winner et Unique ont été spécialement dressés pour repérer plus de trente odeurs différentes de bestioles séchées ou transformées en bibelots. Gare aux valises…

Je vois bien le genre de situation: le cadeau d'un nouvel ami fait sur place, l'envie de ramener un truc étrange à montrer aux copains, l'occasion d'un top en plume à une fraction du prix des marques de luxe… Pour avoir passablement voyagé en Asie, je dois avouer que bien de drôles de machins m'ont passé entre les mains. Par exemple une tortue empaillée à l'odeur macabre (je comprends que les chiens la repèrent!) qu'il a fallu faire semblant d'emballer pour ne pas heurter le partenaire commercial qui voulait à tout prix que nous exposions ce souvenir de lui sur notre commode en Suisse. Et je ne parle même pas du pendentif en ivoire cérémonieusement attaché à mon cou à l'aéroport, 5 minutes avant le check in… Zut, faut-il le virer discrètement dans la première poubelle venue?

J’appellerais cela la contrebande par mégarde… Pas bien - mais la vie n’est pas toujours bien. Ce qui me fascine davantage, c'est que le nombre de cas augmente, ce qui est difficile à expliquer par des étourderies. Alors d’où sortent ces fourrures rares et ces bijoux en os? Comme si notre besoin de bestialité augmentait au fur et à mesure que nous renonçons à la viande au profit des petites graines. D'un côté, on élabore un droit pour les animaux, de l'autre on ramène des dépouilles bizarres et on se drape de cuirs exotiques. Une manière d'exorcisme? De maraboutage pour renouer avec des aspirations primales? Une pulsion sauvage pour ébranler nos manières policées?

Je nous laisse y réfléchir durant les pérégrinations estivales et vous donne rendez-vous en août, après la pause. Belles vacances à vous et bons baisers aux serpents rares et autres sacs à main potentiels que vous croiserez. Moi je pars à la montagne et en Angleterre: aucun risque de tentation.

 

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Salut savez vous me dire le nom du CMS de ce blog. si sont maniement est facile pour un apprenti dans la fabrication de site.

Écrit par : comparateur assurance santé | 08/07/2014

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