31/05/2014 09:52 | Lien permanent | Commentaires (0)

Assis, debout, couché

Dans mes lubies transpiratoires, le dernier cours en date, repose sur des enchaînements rapides d’exercices de musculation, équilibre, cardio et souplesse. «Quinze appuis faciaux!» crie le coach - en anglais forcément, ça fait plus pro – pour que la salle l’entende par-dessus la musique. Et nous voilà tous ventres à terre. «On court sur place en levant haut les genoux! Quarante secondes, c’est parti!» et nous voilà ramassant nos muscles en compote, notre abdomen affalé et notre épuisement pour nous hisser à la verticale. Vous vous demandez qui sont les fous qui acceptent de se faire traiter ainsi? Moi aussi. N’empêche que je sens les vigoureux bienfaits de cette mise en forme, le lendemain, par la grâce de courbatures à des endroits anatomiques improbables. Alors je reviens de semaine en semaine. Tout comme mes toujours plus nombreux compagnons de sueur – à croire que le local est gonflable.

Bref, ce type d’approche fitness est paraît-il inspiré des camps d’entraînement de l’armée, mais il me fait plutôt penser aux stages de dressage pour chien. «Allez, Médor! Debout, couché, assis!» Nous aussi lapons l’air de notre langue pendante. Nous aussi coulons des yeux implorants en attendant que ça cesse, tout en en redemandant. Comme si la psychologie canine s’attrapait par analogie… J’y pensais l’autre jour avant le début du cours: nous préparions nos tapis de gym et nos haltères avec la même minutie que les toutous du quartier mettent à honorer leurs arbres favoris. Chacun à la même place que d’habitude, dans le même angle par rapport à la fenêtre, comme un territoire que l’on se serait partagé par l’usage. Il y avait même de petits malins qui tentaient subrepticement d’élargir leur zone en laissant traîner leurs affaires. Sans doute les bêtes dominantes de la troupe…

Un moment, j’ai eu envie d’en pleurer. Il est où le bel esprit de liberté de l’humain? So élan d’indépendance joyeuse ? Puis j’ai préféré en rire. Après tout, il n’y a pas que dans les fitness que les règles de meute se mettent spontanément en place. Dans les salles de réunions au bureau, on voit aussi toujours les mêmes sur les mêmes chaises, à distance calculée du chef, chacun à sa place selon la hiérarchie implicite de la jungle professionnelle.

Vivement le vrai été ! Que l’on sorte tous des locaux, des bureaux, des restau’,  de tous ces endroits codifiés, pour s’ébattre un peu au grand air. Ou y faudrait-il un brin d’herbe attitré ?

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