26/05/2014 15:07 | Lien permanent | Commentaires (0)

Paons et paonnes à Cannes

Voilà, c'est presque terminé... Dès ce soir, le flux de mousseline va tarir et les présentateurs sur les écrans de télévision vont paraître bien gris, après les plumages chatoyants qu'y ont agités les stars du festival de Cannes. Comme si la TV revenait au noir/blanc après dix jours de couleurs. Dans quel film joue une telle? Et lui alors? Quelle importance? Allons, ne faites pas semblant! Toute l'essence de la staritude se mesure à la parade sur tapis rouge. De ce point de vue purement autopromotionnel - les films, on verra plus tard - l'année a été belle. Une Léa Seydoux en satin Prada pétrole, avec un décolleté découpé jusqu'à son (très beau) plexus solaire. Une Carole Bouquet sublime d'élégance en pantalon large blanc et veste noire Chanel. Une Salma Hayek en robe bustier Saint Laurent pink. Tout bien. À peine si quelques starlettes de la téléréalité sont venues montrer un sein de-ci, de-là, circulez, rien de révolutionnaire à signaler dans la joyeuse volière où les paonnes se pavanent.

Encore que... Toute journaliste que je sois, toute prête à m'ébaubir devant les excentricités chiffonnières, je reste pantoise de la précision grandissante des descriptions des tenues. La question de fond, durant ces quelques jours, c'est :"vous portez qui?" Et franchement, elle n'est pas facile à poser à des gens qu'on ne connaît pas. Ils font comment, les photographes? Ils appellent la délicieuse par son prénom, pour qu'elle se retourne: "Hé Jess! " Elle joue le jeu, la Weixler, forcément, et prend la moue charmée de qui vient de croiser un copain, en le regardant bien dans l'objectif. Clic! C'est ensuite que ça se corse. Et la robe? Ne me faites pas croire que la star épinglée récite tout bien, d'une seule traite sans hésiter "Armani collection privé automne/hiver 2013-214". Ça l'obligerait à tordre sa jolie bouche de manière très peu photogénique. Non, non, ça c'est le boulot des attachées de presse, qui dispensent ce savoir avec générosité. Voyons: la robe, c'est bon. Et la pochette? Et la chaussure? Et le bijou? Et la gaine-culotte?

La bonne nouvelle, c'est que ce grand cinéma chatoyant devient plus égalitaire. Il y a quelques mois, Cate Blanchett s'était indignée de voir son fourreau du soir rose filmé des orteils aux épaules, avant même qu'on ne lui dise bonjour. "Feriez-vous cela à un mec?" A-t-elle hurlé face caméra. Hé bien qu'elle se rassure, la réponse est désormais "oui"!  Bien que ces messieurs paradent eux, en pingouins plutôt qu'en perroquets, on apprend aujourd'hui à détailler les nuances. Sachez ainsi que le noir sur noir de Robert Pattinson, était un smoking à deux boutons en laine et satin de soie, sur une chemise Oxford en coton et une cravate en gros grain. Le tout signé Dior. En revanche, je n'ai pas réussi à trouver la marque du veston brillant lilas porté par Sylvester Stallone. Presque égaux dans les reflets du miroir aux vanités.

 

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