02/05/2014 10:19 | Lien permanent | Commentaires (3)

Le cri du bébé mammifère

Le week-end dernier, c’était les 20 km de Lausanne. Petit rappel pour ceux qui ont évité le bord du lac et pour les allergiques de la basket: il s’agit de ce grand bastringue de la course à pied, où on a l’impression que le monde entier s’est mis à courir avec un chrono en tête, pris de cette sorte de jubilation masochiste qui consiste à s’assurer que, puisque l’on a mal, on est toujours en vie. J’en étais. Même si je n’ai pas osé la longue boucle, j’appartiens à cette mouvance qui croit dans les vertus réjuvénatrices de l’agitation sportive. A l’évidence, nous sommes beaucoup dans ce cas et beaucoup aussi dans la catégorie mère-de-famille-qui-s’accroche. C’est ainsi que toutes ces dames se sont élancées sur le bitume, soutenues par les cris d’encouragements de cette même progéniture qui a jadis mis leur(s) forme(s) et leur condition physique en péril. «Vas-y maman!»

Dans la foule, il y avait aussi un enfant à moi, pour lequel j’avais expressément revêtu un maillot jaune stabilo, afin de m’assurer d’être repérée dans le fleuve des coureurs. Hé, c’est que l’incroyable effort de mettre une jambe devant l’autre se nourrit du moindre apport d’énergie! Pas de chance, c’était une année à tenues fluo et j’aurais été plus visible en noir comme d’habitude. J’ai donc couru avec «We are the Champions» dans l’oreille gauche (là encore, il faut ce qu’il faut…), tandis que la droite guettait en vain l’appel primal de la chair de ma chair. J’ai entendu des centaines de juniors scandant «maman, maman» - mais quant à distinguer la voix de mon petit dans cette cacophonie…

Evidemment, c’est un peu égal. Au nom de la belle fraternité des mères de ce monde, finalement, on peut bien courir au son d’une clameur générique. Mais la découverte est accablante pour les enfants. Je vais être claire: non, contrairement à une mère lionne qui reconnait toujours le rugissement qui lui est destiné dans la savane, l’humaine est un mammifère qui peut égarer son rejeton dans la foule. Surtout au milieu de 22'000 coureurs inscrits, avec de la musique à fond. Après tout, mes petits chéris, votre mère n’est qu’une femme, l’instinct immémorial a dû s’émousser  avec l’évolution. Alors, aidez-la un peu! Au marathon de Genève aujourd'hui, au grand Prix de Berne la semaine prochaine, à Morat-Fribourg ensuite et jusqu’à la course de l’Escalade, trouvez un autre truc que le banal «maman!» pour lui transmettre votre force et lui alléger la foulée. Criez par exemple: «Vive ma déesse!» Ou «ô sublimité!»? Allez, un petit effort de personnalisation…

Commentaires

J'aime beaucoup votre blog je l'ajoute à mes favoris sympa par contre il faut continuer à publier svp merci.

Écrit par : sensvisuel | 07/05/2014

Merci de votre mot. Ouiiiii je vais essayer d'être plus régulière. Normalement, tous les vendredis... belle fin de journée
Renata

Écrit par : Renata | 07/05/2014

Effectivement je confirme votre blog est vraiment sympa j’espère lire d'autres articles prochainement merci

Écrit par : Paul web | 11/05/2014

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