14/06/2013 11:50 | Lien permanent | Commentaires (0)

Sex-appeal électronique

Rarement – trop rarement? – regarde-t-on son ordinateur sous cet angle-là. Mmmmh, quelle volupté dans le toucher du clavier… Quel émoi dans cette luminosité hypnotique… Oui, je sais, ça a l’air benêt. Mais que voulez-vous, j’essaie de m’entraîner, car je dois avoir manqué une marche sur le grand escalier de l’évolution sensuelle. Je ne vois vraiment pas ce qu’il pourrait y avoir de sexy dans cette bécane qui me fait face au jour le jour. Pourtant, une étude sociologique récente (certes commanditée par le site crucial.fr, qui donne dans le commerce de modules pour ordinateurs, ceci expliquant peut-être cela) annonce l’arrivée d’un nouvel idéal masculin: le techno-sexuel. Et avec lui l’érotisation implacable de notre rapport à l’informatique.

Autant l’avouer d’emblée: j’en reste totalement hors circuit. J’avais bien saisi qu’une clientèle abondante restait scotchée devant les sites pornos, mais de là à associer l’univers de mégabits aux sens frétillants universels, il y a un gouffre que j’ai de la peine à franchir. Marc Zuckerberg érigé en sexe symbole ? Pitié, non! L’étude donc: selon un sondage représentatif de la population française connectée, 33% des femmes interrogées se disent séduites par un homme versé dans l’informatique. Et elles sont même 53% à préférer celui qui bidouille des programmes au traditionnel génie des arts motorisés, celui qui sait changer une roue de voiture et vérifier le niveau d’huile. En réponse à ces nouveaux fantasmes, 43% des hommes avouent avoir parfois exagéré leur maîtrise de l’informatique pour éblouir leur interlocutrice.

«Oh, dis, Chériiiii, tu t’occupes de remplacer mon disque dur? Alleeez…» Ils vont déborder de passion et de panache, nos futurs dialogues amoureux.

Mais si la voiture -  de par ses flancs à caresser, son cuir aux relents musqués et sa bruyante montée en puissance -  s’est rapidement imposée comme métaphore virile, l’imagerie est plus laborieuse avec le PC de base. Imaginer que des envies torrides peuvent surgir entre processeur et carte mère requiert un sacré effort d’imagination. La banquette arrière de jadis représentait tout de même une invite plus immédiate.

Alors quoi? Pourquoi le geek aurait-il évincé ainsi le mécano dans l’imaginaire galant? J’ai peut-être une réponse toute simple: parce que les autos ne tombent plus en panne. Alors que l’ordinateur, lui, a toujours besoin d’une mise à jour ou d’un autre soin mignon pour accepter de fonctionner. Question de survie dans la jungle multimedia : il se pourrait que les femmes aient parfois des coups de cœur assez pragmatiques.

 

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