22/05/2013 16:12 | Lien permanent | Commentaires (0)

Moustache au vent

Sur le marché merveilleux de la beauté à revendre, je vois bien une ou deux bricoles à retoucher sur les anatomies masculines. Les femmes, elles, sont incroyablement rodées dans l’art de l’autocritique corporelle («T’as vu comme je suis groooooossse!?» se lamente la limande) et ont tendance à corriger un problème avant qu’il ne se pose. Les hommes se montrent plus détendus, même si les centres esthétiques jurent que leur clientèle masculine gonfle et s’alourdit. Bref, il reste assez amusant, à un arrêt de bus ou devant un guichet de cinéma, de répertorier les petits défauts pas forcément mignons qu’il serait aisé de faire disparaître. Et je ne parle même pas de la case Botox & bistouri! Non, restons simples: là, des talons crevassés qui se languissent de leur pierre ponce; ailleurs des pores qui mériteraient un bon bain de vapeur; partout ou presque, des ongles, hélas muets, qui hurlent leur désir de manucure. Bref, si je disposais d’une gomme à disgrâces, je saurais en faire usage.

Il est pourtant une zone du physique masculin qui a totalement échappé à ma vigilance. Vous devinez? Moi je suis tombée de tout en haut de mes critères esthétiques. Je vous le donne en mille, le nouvel espace à problèmes, chez les hommes, est le dessous de nez. Si! Il apparaît qu’Istanbul se profile comme l’eldorado de l’implant facial velu et voit converger là les malheureux au poil clairsemé. Au départ, il s’agissait de garnir des calvities naissantes, mais voilà que le modèle viril ambiant incite à la moustache flamboyante, quitte à prélever des follicules pileux sur d’autres parties du corps pour les semer au-dessus de la lèvre. Mince, et dire que j’en étais encore à la généralisation de l’épilation masculine! Je n’ai rien vu venir des mâles figures hirsutes qui incarnent l’autorité de l’autre côté de la Méditerranée. Bon, en fait, en Turquie même, le nombre de moustachus est passé de 77% à 34% ces vingt dernières années, sous l’influence des dandys d’occident. Mais pendant ce temps, plus loin vers l’Est, en Moyen-Orient et en Asie, dans les films comme sur les plateformes politiques, monte une nouvelle tendance: celle de l’homme, du vrai, qui arbore une touffe luxuriante au-dessus de la bouche. Et s’il n’en possède pas une au naturel, il est prêt à se la payer.

Noooon! Ne me dites pas que l’on va assister au grand retour de Tom Selleck dans notre panthéon à fantasmes. Peur du morse à moustache drue!

Chéri! Pourrais-tu prendre ton rasoir et m’emmener loin des modes, là où on ne saura même pas que les canons de beauté sont en train de changer? Avec les 5'000 dollars qu’aurait coûtés l’intervention chirurgicale, on pourrait envisager quoi? Deux semaines aux Maldives? Départ! Vite, avant que la moustache n’arrive.

 

Les commentaires sont fermés.