10/05/2013 09:52 | Lien permanent | Commentaires (1)

Les autruches du fitness

Les salles de fitness sont des endroits un peu ensorcelés. On ne sait trop quels maléfices s’y mettent à l’œuvre, mais – est-ce l’effet des endorphines? Des effluves exsudés? – les humains tendent à y lâcher l’animal planqué au fond d’eux. Les uns courent sur place comme des hamsters dans leur roue; les autres sautent, pareils à des springboks à la période des amours; d’autres encore pédalent en levant les genoux aussi haut qu’un zèbre de montagne en pleine cavalcade escarpée. Et je ne parle même pas du stretching, qui fait ressembler le sportif à une grenouille étirée sur la table dissection. On allonge la jambe, oui, encoooore plus longue… Allez, un petit chien tête en bas pour se relaxer?

Et quand c’est fini, ça recommence. Après la séance d’exercices en salle, c’est l’âme volaille qui sévit aux vestiaires. Ça caquette sans doute aussi chez les messieurs, mais chez les dames, nous en sommes carrément au mimétisme physique. Une fois douchées et rhabillées, nous adoptons toutes la posture de l’autruche. Et là, pas même besoin de moniteur pour harmoniser les mouvements des troupes. Jambes raides et écartées, tête en bas, ischions orientés vers le plafond (comme dirait la prof de yoga): nous voilà comme un troupeau de gros oiseaux maladroits, tous postérieurs exposés, dans le vent bruyant des sèche-cheveux à pleins tubes. Une fois admis le ridicule de la situation (on s’habitue à tout), je dois admettre une certaine tendresse pour l’autruche, ma sœur. A l’évidence, la coquine sait tout des avantages amusants que la position inversée procure. Avec ce point de vue en contre-plongée, on reluque discrètement tout ce que le regard de face interdit: l’arrondi du ventre de la voisine de miroir, l’état d’usure de la chaussure d’en face, le dessin mignon sur le vernis des orteils. J’ai ainsi, au fil de mes mois et émois en autruche, acquis une connaissance assez détaillée des goûts féminins en lingerie contemporaine. Je connais toutes les guipures à la mode et je ne cesse de m’étonner devant ces nouvelles culottes qui barrent les fesses d’une bande de dentelle horizontale. Drôle de modèle que celui-là: il ne cache rien, ne souligne rien, ne contient rien… il a l’air d’exister pour le seul plaisir de se montrer. Dans tous les cas, il a l’air cruellement inconfortable et laisse des fleurettes imprimées sur la peau des cyclistes en salle.

Mais trêve de matage : marre de la salle, marre de l’autruche. Là, maintenant, j’aimerais seulement que le soleil revienne pour pouvoir aller faire l’otarie en piscine.

Commentaires

Bjr,
C'est toujours avec plaisir que je passe sur ce blog.
Vaporisateur Parfum de Sac Travalo vu sur: artshircafe.com
J’en ai marre de trimbaler mon vapo de 90mL à moitié vide pour un we à gauche, à droite et je me demandais si ce ne serait pas le truc génial pour avoir toujours sur soi son parfum préféré même en avion !!!!
Merci de votre réponse.
A bientôt

Écrit par : marianne | 22/05/2013

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