09/04/2013 14:48 | Lien permanent | Commentaires (2)

Bande de pies

Il ne brille même pas… S’il était en brocard doré, brodé de strass ou simplement pailleté, je serais sans doute prête à comprendre que des hordes de pies aveuglées s’abattent sur ce sac de toutes les convoitises. Mais là, on se calme, le sac en question ne vaut vraiment pas la peine qu’on s’abaisse à le faucher. Il m’arrive pourtant à moi aussi d’éprouver un sentiment de manque face à lui. Je suis à deux doigts de me coucher par terre et de frapper le sol de mes poings en pleurant «Il me le fôôôô ! » - comme une Paris Hilton devant le dernier hit-bag griffé.

Retour sur une frustration quotidienne. Le sac qui me fait défaut, ces temps, est l’horrible machin en plastique blanc qui coûte 60 francs le rouleau, avec l’inscription «trier, c’est valoriser» en guise de label de luxe. En brave fille à conscience écologique, j’avais donc fait une petite provision de ces poubelles pas belles en début d’année, qui, malgré mes efforts de compactage, compostage et autre réductions en compote, a fini par s’épuiser. Facile, me suis-je dit, il suffit d’en racheter. Hé bien pas du tout: devant le rayon vide des premières grandes surfaces visitées, j’ai conclu à une pénurie momentanée. Ce n’est que plus tard que j’ai remarqué le panneau «se renseigner à la caisse» sur le seul espace  vide au milieu des rangées de rouleaux de sacs noirs. (Au passage, pourquoi, nom d’une peau de banane, continuent-ils à vendre des sacs noirs que l’on ne peut jeter nulle part ? Pour glisser sur les pentes enneigées, en ce printemps météorologiquement détraqué?)  Bref, le sac taxé ne se vend que sous le manteau, comme un produit précieux, presque illégal, qu’il serait dangereux d’exposer à toutes les mains, à tous les yeux. Le savoir, c’est une chose; parvenir à s’en procurer, une tout autre! Personnellement, une fois positionnée dans la file de la caisse, je rêvasse accrochée à mon charriot, j’envoie des messages texto pour que les enfants mettent l’eau des pâtes à chauffer , je regarde ma montre… et j’oublie systématiquement de demander les sacs quand enfin arrive mon tour de payer. Du coup, j’en suis réduite à entasser en pestant des sachets de plastique bourrés dans le garage, en attendant de les recouvrir – peut-être, un jour –  d’une parure blanche dûment taxée.

La ménagère lasse en moi s’interroge : Pourquoi ce cirque? La caissière a fini par m’expliquer qu’il y avait trop de vols pour que l’on puisse laisser ces denrées rares en rayon. Et la dame derrière moi a précisé, experte : «Les gens glissent les rouleaux dans la manche du manteau!»Vous m’en direz tant ! Toute cette énergie pour finir à la décharge?

Ceci est un appel de détresse: de grâce, bande de pies, arrêtez de vous en prendre aux poubelles! Volez donc une denrée plus scintillante: des œufs en chocolat enrobés de papier d’argent, par exemple, ceux-là, on en a bien assez mangé la semaine dernière.

Commentaires

Nous ne sommes pas des pies, mais nous sommes victimes du marketing des grands distributeurs et de leurs cartes de fidélisation.....

Après être ressortie environ 10 fois de grands magasins sans ces fameux sacs et m'être énervée comme toute femme respectable, j'ai demandé des explications.
Celle qui m'a le plus convaincue par rapport à l'emplacement de ces sacs blancs si design n'est pas la problématique du vol... mais la suivante :
Ces sacs, surtaxés par la commune et non pas le magasin lui-même, ne peuvent pas entrés dans les tiroirs caisse des grandes surfaces au même titre que nos autres achats, ni figurer sur les montants des fameuses cartes de fidélisation cumulus ou superpoint avec une valeur artificielle puisque surtaxée....
Pour éviter ce risque, ils doivent être facturés séparément pour faciliter la vie des caissiers et leur éviter de devoir payer de leur poche une mauvaise manipulation...

Écrit par : isabelle | 09/04/2013

Bonjour Isabelle
on fait quoi? deux caisses séparées? des boutiques d'état spécifiques au produits surtaxés? livraison directe à domicile pas la commune? Pfffffff...
belle journée et merci de vos précisions
Renata

Écrit par : Renata | 09/04/2013

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