02/04/2013 08:54 | Lien permanent | Commentaires (2)

Les chevilles des hommes

Mesdames, baissez les yeux. Non pas en un acte de modestie, bien au contraire! En fait, il devrait se passer des choses espiègles, cette saison, au niveau du bitume. Ce sont là des retombées secondaires agréables des caprices de la mode: au fil des collections apparaissent et disparaissent des zones corporelles en d’autres temps négligées. Or les pantalons masculins qui raccourcissent (on le voit depuis des mois, mais la tendance s’installe maintenant sérieusement) posent soudain un vrai cas de conscience modeux: que faire de cette bande de jambe qui surgit soudain entre l’ourlet et la chaussure? La cheville des hommes devient un espace de liberté créative. Et cela pourrait être extrêmement joli: vivement le soleil!

Car – foi de styliste, juré sur la tête des griffes de luxe – la seule erreur/horreur à ne pas commettre est la chaussette noire. Celle-là, c’est bon, on l’a vue et revue et de toute manière elle a pour vocation de se faire oublier. Or c’est justement de l’effet inverse qu’il est désormais question. Première option, soufflée par tous les chaussetiers: la couleur. Si vous avez l’intention de visiter le rayon idoine, dans un magasin, prévoyez des lunettes sombres, car ça brille de mille feux, avec une prédilection pour le jaune Stabilo et le vert basilic. L’idée est la suivante: un cravaté de base ne va jamais oser troquer son uniforme gris sur gris au profit de l’une de ces folies bariolées qui défilent sur les podiums (mention spéciale pour le pantalon orange avec son cardigan bleu roi), mais il se pourrait qu’il ait envie de signaler discrètement que lui aussi a su humer le vent coloré de la mode. Il se galbera donc le cou-de-pied d’un motif surprenant – des losanges en tons dragées, par exemple – que seuls verront ceux qui savent guetter le bon endroit, au bon moment. Petit secret entre amis…

La seconde option est celle choisie par tous les grands noms du style, de Gucci à Vuitton en passant par Hermès et Ermenegildo Zegna. Je veux parler des mocassins portés à cru. Un esprit très italien décontracté, facile à appliquer en pleine canicule avec un jean retourné. Mais là, version tenue de travail, le jeu est plus subtil: la cheville nue apparaît sous un complet trois pièces, en fine laine sèche avec cravate alignée au cordeau. Du coup, la peau surgit quand on ne l’attend pas, troublante vision en cours de réunion avec son banquier – par exemple. Mise en valeur par le tissu très civilisé (en haut) et le cuir plus animal (en bas), la malléole pâle ou bronzée prend soudain une fragilité incongrue, presque palpitante, comme un faon surpris dans une clairière.

Messieurs, voudrez-vous?

Commentaires

votre photo ci-dessus et qui paraît dansle matin dimanche est très jolie, mais elle date... vraiment, pourquoimne la changez vousnpas?

meileures messages
Marianne Z

Écrit par : marianne Zonca | 07/04/2013

Bonjour Marianne, vous avez raison! Je vais parler à la rédactrice en chef du Matin Dimanche, Ariane dayer, de la pertinence à changer toutes les images... Toute sles photos d'auteurs dante de septembre 2010, de la nouvelle formule.
belle semaine à vous!
Renata

Écrit par : Renata | 09/04/2013

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