09/11/2012 17:54 | Lien permanent | Commentaires (0)

Et la hamsterette fit tourner sa roue...

 

Pour d’évidentes raisons, vous n’étiez pas au marathon de New York, le week-end dernier. Moi non plus. En revanche, dans la série des grands rassemblements populaires et sportifs qui n’ont pas été annulés, j’ai participé à un autre marathon, plus modeste: le Sunday’s cycling, qui rassemblait la tribu fitness romande pour 9 heures de pédalage immobile. (Pour les néophytes des clubs de gym: cette manière de rouler sans avancer s’appelle le spinning. Pour les amateurs: la prochaine messe analogue aura lieu à Estavayer-le-Gibloux, le 18 novembre, mais je crois que, moi, je vais plutôt masser mes courbatures). L’expérience s’est avérée hautement surréaliste: imaginez 180 vélos sur lesquels ça turbine avec ardeur, dans une salle de gymnastique géante, musique boum boum qui fait pulser le plancher et fenêtres obstruées pour donner toute leur puissance aux jeux de lumière. «Vous êtes avec moi?» hurle le moniteur/DJ qui pédale sur scène, momentanément violet, avant de virer au vert pomme - «Wouais!» rugit la salle en transe et en sueur. On se serait cru à ces discos d’après-midi pour les mômes, sauf que là, les plans drague étaient un peu compliqués, car les occasions de rapprochement sur vélo de fitness sont plus rares que pendant les slows langoureux. Sans même évoquer la composante olfactive de l’exercice. Yeah yeah, on y va, tous ensemble!

 

Ce même dimanche passé, pendant que je pédalais dans le vide, on voyait partout des photos de jeunes hommes sur leur vélo, en train d’actionner la dynamo et recharger ainsi les téléphones mobiles des New-Yorkais privés d’électricité. Dans cet ordre d’idée, on aurait pu penser que toute l’énergie déployée en salle aurait pu produire quelques kilowatts. Par exemple ceux que consommait la sono, mmmh? Hé bien rien du tout! Sans le passage d’un ouragan, le recyclage de l’effort en électricité n’entre pas dans les mœurs des pédaleurs sur place. On est là pour brûler de la calorie et durcir ses quadriceps, pas pour faire des étincelles!

 

J’ironise, j’ironise, mais je crains appartenir de plein droit à ce troupeau de possédés. Moi aussi, je suis prête à m’étourdir de décibels pour oublier que je m’agite comme une hamsterette dans sa roue au nom des Dieux contemporains de la forme. C’est juste qu’il y a des moments où le miroir grossissant de nos absurdités me renvoie une image accablante.

 

Mais bon, trêve d’états d’âme. Je vous laisse, là. Je n’ai pas fini mon programme condition physique de la semaine. Comme je n’ai pas trouvé de machine à patiner, je vais essayer d’y aller avec de vraies lames, sur de la vraie glace. Ça va être follement exotique.

 

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