27/01/2012 17:40 | Lien permanent | Commentaires (0)

Vol en altitude

Et vive la saison de ski, l’impression de planer entre ciel et neige, l’envol dans la couche fraîche de poudreuse…

Ah oui? Vraiment? Allez, on se donne un peu de peine et on y travaille, à cette sensation de légèreté! Après tout, on vit en Suisse, pays de glisse. On oublie donc les chaussures qui lestent les chevilles et on trouve des tactiques anti-files d’attente. C’est dans cet esprit que toute ma nichée d’oiseaux des neiges s’est vue équipée, depuis moult saisons, d’une Valais Ski Card. Très pratique, la petite chose magnétique! Vous la chargez d’un montant de votre choix (le soir, après la fermeture des pistes, quand il n’y a plus personne devant la caisse) et hop, vous skiez facile dans toutes les stations du canton, la carte se débitant automatiquement au premier passage dans le tourniquet. Ode à la liberté, bis.

Seulement voilà, il y a des moments où les choucas des cimes en perdent leurs ailes et se sentent pris pour des vaches à traire. L’autre jour, la machine a refusé la carte, pourtant bien alimentée en francs. Confiante en la bonne foi et en la technologie helvétiques, j’ai été consulter la dame du guichet, qui, navrée, a confirmé le verdict: carte périmée, argent perdu. Je vous fais le topo: vous avez en main une carte pratiquement illisible à force de codes chiffrés dans tous les sens, avec, en bas à droite, surimprimé au mot «Keycard», une date qui semble effectivement se terminer par 2011 et dont on vous indique tout à coup qu’il s’agit du délai de péremption. Est-ce que la carte a un défaut, faut-il la changer? Rien du tout! Sur l’ordinateur de la caisse, il apparaît que mes 52 francs sont toujours là, bien visibles, et la dame tourne même l’écran vers moi pour que je puisse leur dire au revoir.

Il y a là une stratégie commerciale qui m’échappe: la date limite sur un yogourt indique que le laitage risque de tourner. Mais à quoi sert la même date limite sur une carte indestructible, sinon à piquer des sous aux skieurs distraits? Il paraît – bonheur des règlements - que les instructions figuraient sur le dépliant que l’on m’a donné, jadis, et que la date se prolonge automatiquement à chaque fois que le client charge la carte. Et zut! En fait, je suis punie pour avoir trop investi d’un coup dans le ski valaisan…

Ce n’est pas tellement le montant de 52 francs qui est en jeu – après tout, ceux qui peuvent se permettre de skier peuvent aussi endurer ce type de perte. Ce qui est mortifiant, c’est l’impression de se faire gruger, sur ce qui devrait être une carte de fidélité. Bien braves skieurs suisses: parfois il vient comme des envies d’aller voir sur les pistes françaises (si proches) si la loyauté s’y récompense à un autre tarif.

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