06/12/2011 10:32 | Lien permanent | Commentaires (0)

Une belle jambe

C’est moi qui ai eu l’idée, c’est moi qui choisis : j’aimerais les numéros qui commencent par 3. Parce qu’un 3, c’est joli, symétrique et et presque rond, tout proche de l’élégant symbole qui signifie d’infini. Alors, tant qu’à porter un nombre sous la plante du pied, autant qu’il soit joli, non ?

J’en danserais de soulagement (infini, voire ci-dessus) d’avoir enfin trouvé la solution d’un problème majeur de la maisonnée, qui devient aigu au moins matin sur deux sur le coup de 7h03, juste avant le petit déjeuner : je veux parler de l’Angoisse de la Chaussette Perdue. Un vrai roman familial, avec ses crises, ses pillages, ses rebondissements et très peu de happy ends. 7h03, c’est donc le moment où tout le monde s’habille et découvre du coup qu’il n’a plus de chaussettes. Enfin, des chaussettes, il y en a plein les tiroirs… Celles qui manquent sont les chaussettes assorties. Celles-ci - mystère, rage et hurlements - sont denrées rares. A croire que le climat familial pousse les chaussettes au divorce.

Je ne vais pas vous refaire le topo. Comme toute personne qui a déjà utilisé un lave-linge, vous le savez: l’appareil est marabouté, il sépare tout ce qui va par deux. Vous mettez quatre paires dans le tambour, vous en sortez quatre orphelines – éventuellement trois, les jours de débol. L’étendage participe au complot: les chaussettes s’enfuient es fils pour se rouler en boules dans les recoins poussiéreux. Et depuis que les enfants ont virés ados, la situation est encore plus tendue: nous sommes quatre à porter du noir au pieds, échelonnée entre le 37 ½ et le presque 41. Autant dire: mission impossible pour le tri dans la corbeille à linge. Je me vois encore, l’œil gauche plissé, le droit exorbité pour ajuster la focale, à brandir une malheureuse en jersey de coton devant l’ampoule, tentant de discerner si cette maille mouillée est bien la jumelle de celle d’à côté. Là au milieu, il y a encore le petit dernier (le grand dernier?) à semer la zizanie, en enfilant ce qui lui passe par l’orteil sans aucun respect de la propriété individuelle, quitte à se balader avec une soquette de sport à gauche et un mi-bas en dentelle sur son mollet poilu droit. « 0h, ça vaaaaa, c’est boooon… » fait-il celui qui plane bien au-dessus des contingences pédestres.

Et donc, la la lère,/joie dans la chaumières, je viens de découvrir l’existence de chaussettes numérotées. Chacun sa dizaine, et chaque pièce son nombre jumeaux. Une idée bête comme chou. J’adore les choux… Voilà donc ma formule magique, mon graal de la ménagère. Je le sens à ma respiration soudain plus fluide, à la cette sensation d’allégement subit: en 2012, la quiétude matinale sera sauve. Ma chère famille adorée, préparez vos chaussons devant la cheminée, cette année le Père-Noël va répandre paix et sérénité à nos pieds.

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