25/11/2011 14:01 | Lien permanent | Commentaires (3)

Ménagère mal dressée

Quelles sont les deux espèces vivantes qui transportent du papier imprimé entre les babines? Réponse: le chien bien dressé et la ménagère malapprise. Le premier n’existe que dans les livres d’images anglo-saxons, monde merveilleux où le facteur lance le quotidien du jour dans l’allée devant la maison. Le chien (accessoire indispensable à toute villa digne de ce nom, au même titre que le gazon manucuré) n’a plus qu’à ramasser le journal et à l’acheminer vers le lecteur en remuant la queue pour montrer sa dévotion. Au moment où il remet son paquet, il peut encore s’asseoir et lever une patte, c’est plus chic. La seconde espèce qui se promène avec du papier dans la bouche évolue, elle, dans un monde bien réel: je le connais et j’en suis. Je veux parler de la ménagère dans le parking du supermarché. Elle vient de presser le bouton d’accès et comme elle conduit à 10h10, qu’elle est pressée (comme d’hab’) et qu’elle a peur d’égarer son ticket, elle le pince entre ses lèvres. Ensuite, il faut garer la voiture, trouver la pièce de deux francs, s’accrocher au chariot de courses, prendre son sac dans la main qui reste, ses clés dans la troisième, les cabas pour après dans la quatrième main et hop, c’est parti. C’est ainsi que je me suis retrouvée dans l’ascenseur face à une autre dame tout comme moi: nous n’avons pas pu nous dire bonjour car nous tenions toujours, toutes deux, notre ticket en bouche. «Groumf» avons-nous émis en inclinant la tête, assumant crânement le ridicule de la situation.

Depuis cet incident mortifiant, j’ai bien regardé autour de moi. Selon mes statistiques personnelles, il n’y a que des femmes pour se fourrer dans de pareilles situations. Les hommes qui entrent au parking, eux, posent leur ticket sur le tableau de bord de l’auto ou le glissent dans une poche. Et s’ils perdent le ticket, tant pis, ils le cherchent. Il faut vraiment être née femme pour caresser l’illusion que l’on gagne du temps en cumulant vingt actions à la fois.

Mais on ne se refait pas. L’autre jour encore, après des sacs renversés et autres contretemps irritants dont je vous passe les détails, je me suis retrouvée avec des sueurs froides devant la barrière de sortie: l’automate allait-il reconnaître le torchon humide, mou et teinté de rouge à lèvres que j’essayais de glisser la fente?

Et dire que je râle quand mes enfants mâchent du chewing-gum, sous prétexte que le geste manque d’élégance…

 

Commentaires

Je savais bien que tu avais un pouvoir d'ubiquité et que tu suivais tes collaboratrices dans les parkings ;)

Écrit par : sarah babille | 25/11/2011

Zut, tu m'as repéré, planquée derrière la volvo bleue

Écrit par : Renata | 25/11/2011

Si ton hypothèse bien qu'hardie devait planter ses pilotis sur quelque fond de vérité, je dois posséder dans mon patrimoine génétique une part de féminité à peine insuffisante pour produire suffisamment de signes extérieurs propres à la révéler au grand jour ! En clair et hormis l'addition du rouge à lèvres, il m'arrive aussi très fréquemment de me demander si l'automate préposé à la sortie du parking ne va pas me recracher avec une grimace le ticket ensalivé que j'ai tant bien que mal réussi à lui insérer dans la fente ! :-)
Avec mes amicales salutations !
Claude (Monsieur !)

Écrit par : Claude Jabès | 25/11/2011

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