07/11/2011 08:38 | Lien permanent | Commentaires (0)

Qu’est-ce qu’elle a, sa corne ?

Hé bien voilà, c’est fini. Le rhinocéros de Java a été officiellement rangé dans le catalogue des espèces éteintes au Vietnam, le 25 octobre. En fait, le dernier individu a été retrouvé mort au printemps 2010, dans le parc national de Cat Tien, à quelques 150 kilomètres au Nord de Saigon. Sous la canopée de la forêt tropicale, des chiens expressément dressés ont mis des mois à repérer toutes les crottes en gros tas du secteur (c’est comme ça que l’animal marque son territoire) et les analyses ADN viennent de tomber: toutes les déjections appartiennent à la même bête, celle qui n’est plus. Restent quelques vagues cousins dans une réserve sur l’île de Java, qui affichent la même peau en mosaïque, taillée comme une armure, et la même corne unique sur le nez, mais voilà, c’est une autre sous-espèce, pas tout à fait le même bagage génétique que ceux du rhino qui parcourait la jungle entre Vietnam, Cambodge et Laos. Même dans les zoos, des comme ça, il n’y en a plus. Circulez, plus rien à voir.

Le rhinocéros de Java aurait sans doute gagné à avoir des mœurs sexuelles plus expéditives. Un petit quicky, vite fait dans le bosquet de bambou? Voilà qui lui aurait sauvé la mise… Mais non, cette grosse bestiole se sentait obligée de faire une cour agressive, se battant avec sa partenaire avant la copulation, avec force poussière et rentre-dedans, dans une déclinaison animale assez hard du fais-moi-mal-Johnny. Et le mâle ajoutait quelques assaisonnements de son cru: il marquait la gadoue conjugale de son urine et de ses excréments, faisant  tourner sa queue comme un ventilateur, pour répandre partout ses phéromones en folie. Quand cette approche subtilissime se résolvait enfin sur l’oreiller de boue, l’acte lui-même prenait une bonne demi-heure en aller-retour barissants. Et après on s’étonne que la pharmacopée chinoise veuille s’approprier tant de virilité créative? Il va de soi que le fameux dernier de lignée a été retrouvé sans sa corne, transformée en poudre magique par les braconniers, qui la vendent à 50'000 dollars le kilo. Histoire de donner l’illusion aux vieux messieurs d’afficher eux aussi leur protubérance victorieuse au milieu de la face.

Le hic, c’est que la corne de rhino, c’est du bluff. Juste un agglomérat de banale kératine avec quelques poils dessus. Autant s’envoyer un bol de rognures d’ongles… Si on veut sauver les quelques survivants indonésiens, peut-être faudrait- il une opération marketing, dans le monde chinois, sur les vertus aphrodisiaques de la kératine des bêtes de sexe humaines… A combien l’infusion de poils de barbe de Rocco Siffredi, mmmh?

 

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