27/09/2010 16:37 | Lien permanent | Commentaires (3)

Bêtes de scène

Quand j’étais gamine, les conseillères (déjà!) en orientation professionnelle insistaient beaucoup sur un point: les filles ont e-xac-te-ment les mêmes perspectives que les garçons. Elles y croyaient et ma classe aussi. D’ailleurs, bravaches et fières de marcher dans le sens de l’histoire, nous avions boycotté la couture jusqu’à ce que l’on nous autorise à y aller avec les garçons et qu’on nous accepte ensuite, toujours ensemble, aux leçons de «travaux man’». Aujourd’hui, tout cela est bien intégré et d’ailleurs la «couture» a disparu au profit des «activités créatrices sur textiles», un changement de vocabulaire qui montre bien que la mixité est passée par là.

Pourquoi je vous raconte cela? Parce qu’il y a une foule de principes que, petite, je tenais pour acquis et mes entrailles se sont tirebouchonnées d’exaspération, mercredi, devant l’écran de télévision, en voyant à quel point j’avais tout faux. Tant de commentaires glosent sur «la valeur d’exemple» de ce gouvernement soudain majoritairement féminin. Valeur d’exemple, tu parles!

Alors comme ça, nous avions deux candidates brillantissimes en lice pour le Conseil Fédéral et nous avons trouvé le moyen de n’en élire qu’une… Et il faudrait dégoupiller le champagne? Dans ma lucarne ont défilé des politiciennes bien formatées, tailleur mastic et rang de perles, paupières nues et sourire timide. Simonetta Sommaruga a même pris un air mignon, genre «Merci, merci, je ne vais déranger personne et je promets, oh oui je promets, que je serai une bonne fille collégiale».

Avec ces exemples-là, on en a pour un moment avant que les fillettes ne déclarent, les yeux pleins d’étoiles: «Quand je serai grande je serai Conseillère fédérale!» Sauveuse de la nature? Ouiiii! Cheffe du monde? YESSSSS! Mais conseillère fédérale??? Le titre, déjà, manque singulièrement de magie: des «conseillères» il y en a dans les assurances comme en orientation professionnelle, on voit bien où ça mène. Et «fédérale»? L’horreur ! Vivent les piles de classeurs gris et les méandres administratifs. Alors, le seul argument qui vaille est celui de la bête de scène: une personnalité qui s’impose par son ardeur et la limpidité de ses convictions, une belle présence lumineuse. Exactement le panache d’une Karin Keller-Sutter - celle dont on ne veut pas.

Haut le menton, Madame Sommaruga, vous avez du chien, montrez-le.

Commentaires

Ce papier devrait faire le tour de la toile. Pour quelle raison j'indique ca? Car pour moi ce papier est rudement bon.

Écrit par : assurance vie | 20/09/2013

Je vient RT partger sur les reseaux sociaux cette information

Écrit par : comparateur assurance auto | 06/02/2014

Des bêtes de scènes le mot est le bon!

Écrit par : Comparateur assurance moto | 09/02/2014

Les commentaires sont fermés.